Comptines et Fabulettes…c’est mercredi Avec Pef


Nos enfants ont souvent déjà rencontré à l’école le Prince de Motordu et la Princesse Dézécolle…ils devraient être sensibles à ce poème de PEF qui nous rappelle qu’une fois devenu grand, c’est impossible de comprendre la langue des enfants !


WATATI BALALOU

Watati balalou
Pati navou déla
Didon, didon,
en quoi tu causes, là ?
Japonais ? Sardino ?
Amazodoutuvien ?
J’appelle un mien cousin
Mangeur de sable fin
qui parle gazouillis
au pays des enfants.
Mais ça ne s’apprend pas.
On l’a su, on l’oublie,
une fois devenu grand.

PEF

La photo, c’est une fresque que l’on peut découvrir à la station RER Saint Michel à Paris.

Enfance et poésie…c’est mercredi !

Comme la semaine dernière, c’est un poème sur l’enfance que je partage avec vous aujourd’hui.

Quitter l’enfance, devenir « grand » ?.. Guillevic (une de mes grandes découvertes de ces 6 derniers mois) nous propose une bien belle réponse.

CHANSON

Pas par le plafond,
Pas par le plancher,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

Pas brisant les murs
Ou les traversant,
Pas par la croisée,
Tu ne partiras.

Par la porte close,
Par la porte ouverte,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

image

Ni brûlant le ciel,
Ni tâtant la route,
Ni moquant la lande,
Tu ne partiras.

Ce n’est qu’en passant,
A travers les jours,
C’est à travers toi
Que tu partiras.

(Chanson III, « Sphère » – éditions Gallimard, 1963)

 

Comptines et fabulettes…c’est mercredi !

VOUS DITES

Vous dites :
C’est fatiguant de fréquenter les enfants.
Vous avez raison.
Vous ajoutez :
Parce qu’il faut se baisser, s’incliner,
Se courber,
Se faire tout petit.
Là, vous avez tort,
Ce n’est pas cela qui fatigue le plus,
C’est le fait d’être obligé de s’élever,
De se mettre sur la pointe des pieds
Jusqu’à la hauteur de leurs sentiments,
Pour ne pas les blesser.

Janusz KORCZAK (extrait de « Chaque enfant est un poème », editions Rue Du Monde)