« Le bruit du pot d’eau qui éclate »

 

Le bruit du pot d’eau qui éclate
(l’eau a gelé cette nuit)
Me réveille
Bashô

 

Haiku lu dans le livre de Maxence Fermine « Neige ». Une histoire concise, dense et poétique. Un voyage dans le Japon du XIXe siècle…la recherche de soi…l’amour…et la neige comme un personnage à part entière de cette belle histoire. Magnifique !

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Maxence Fermine – Neige – Collection Points

« Glaneurs de rêves »

Mes voeux pour 2016 : Soyons tous des « Glaneurs de rêves ».

« Comme il est large le monde.Comme il est beau. Et l’étoffe de l’esprit – l’esprit chargé se fait bouffant, disséminé comme la graine et le duvet. Car telle est la dent-de-lion. Qu’elle se dénude et qu’elle éclate en mille voeux…

Un voeu particulier
ou juste le voeu de savoir.

Souffle dessus, des chandelles, une étoile…Ce qu’on veut. Un compagnon. Une lune en roue libre. Ou peut-être d’entendre de nouveau ainsi qu’on entendait enfant. Une musique – curieuse, optimiste, aussi simple que l’appel du quadrille qui pénètre la nuit d’été. Des rondes de rire et de délice qui s’étendent. Tout le monde danse, danse et c’est tout. »


Patti SMITH – Glaneurs de rêves – Editions Gallimard 2014
Titre Original : Woolgathering

La poésie sauvera le monde

Dans l’essai de Jean-Pierre SIMEON, paru en mai 2015 aux Editions Le Passeur, on peut lire :

« Vivre en poète sur la terre, ce serait simplement cela : lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l’exil pour habiter la vie entière et lui demeurer fidèle jusqu’à la mort. Nous n’avons qu’une alternative : vivre chez Circé, en hommes-porcs, une vie morte, ou reprendre le grand large, êtres du désir invincible, aimantés par l’ouvert et amants du plein vent. Vivre en poète et trouver le sens imprévu ou perdre bientôt notre humanité. »

 

 

Si nous parlions d’éducation…

A l’heure où le débat sur l’éducation resurgit en France…je partage avec vous aujourd’hui un extrait du livre de Christiane SINGER « N’oublie pas les chevaux écumants du passé ».

Où il est question de rencontres, de surgissements, d’éblouissements…Laissez vous inspirer par la parole puissante, généreuse et libre de cette femme lumineuse…

L’erreur la plus courante en éducation consiste à partir du plus bas, du plus réduit, du plus pragmatique ; elle est souvent irréparable.

Pourquoi mettre en avant ce qui va de soi et qui est « livré avec » tout naturellement, comme par exemple la syntaxe et la grammaire que la fréquentation des livres offre en surcroît ? On n’apprend pas une langue, on ne la prend pas. Elle se donne quand on l’aime. Personne n’a jamais appris une langue autrement qu’en la parlant, qu’en la gardant en bouche, qu’en s’en régalant. Soit dit en passant, la suppression de ce sucre d’orge qu’est le « par cœur »est une punition imméritée.

Est-il surprenant que, devant tout ce qui n’est que fonctionnel et flaire le système, l’enfant se rétracte ?

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« La folle au myosotis »…ou comment embellir le monde tout simplement…

Myosotis

Elle se dit : un jour, quand l’assaut de la laideur sera devenu tout à fait insupportable, elle achètera chez une fleuriste un brin de myosotis, un seul brin de myosotis, mince tige surmontée d’une fleur miniature, elle sortira avec lui dans la rue en le tenant devant son visage, le regard rivé sur lui afin de ne rien voir d’autre que ce beau point bleu, ultime image qu’elle veut conserver d’un monde qu’elle a cessé d’aimer. Elle ira ainsi par les rues de Paris, les gens sauront bientôt la reconnaître, les enfants courront à ses trousses, se moqueront d’elle, lui lanceront des projectiles, et tout Paris l’appellera : la folle au myosotis…L’Immortalité – KUNDERA