Impression Toscane

Un petit coin de Toscane où le temps prend son temps…

Il passe mais… plus tendrement.

Il prend le temps d’enlacer chaque champ d’oliviers, chaque pied de vignes !
Il salue un à un les cyprès…
Il prend le frais à l’ombre des chênes lièges.
Il s’étire paresseusement sous le soleil.

Premières heures du jour.
Une voiture matinale vrombit dans le lointain…
Des oiseaux chantent piano piano.
L’air tremble légèrement.

La maison blanche sur la colline, avec sa petite haie de cyprès bien rangés,
comme autant de points d’exclamation devant tant de beauté,
brille déjà sous le soleil.

Tout est doux.
Rond.

Le ciel est rose au dessus des collines.

Puis bleu.
Si bleu.

Bleu…

Tout bleu…

Marie-Pierre Berrod Charlec
Août 2014

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Enfance et poésie…c’est mercredi !

Comme la semaine dernière, c’est un poème sur l’enfance que je partage avec vous aujourd’hui.

Quitter l’enfance, devenir « grand » ?.. Guillevic (une de mes grandes découvertes de ces 6 derniers mois) nous propose une bien belle réponse.

CHANSON

Pas par le plafond,
Pas par le plancher,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

Pas brisant les murs
Ou les traversant,
Pas par la croisée,
Tu ne partiras.

Par la porte close,
Par la porte ouverte,
Petit enfant sage,
Tu ne partiras.

image

Ni brûlant le ciel,
Ni tâtant la route,
Ni moquant la lande,
Tu ne partiras.

Ce n’est qu’en passant,
A travers les jours,
C’est à travers toi
Que tu partiras.

(Chanson III, « Sphère » – éditions Gallimard, 1963)

 

Comptines et fabulettes…c’est mercredi !

VOUS DITES

Vous dites :
C’est fatiguant de fréquenter les enfants.
Vous avez raison.
Vous ajoutez :
Parce qu’il faut se baisser, s’incliner,
Se courber,
Se faire tout petit.
Là, vous avez tort,
Ce n’est pas cela qui fatigue le plus,
C’est le fait d’être obligé de s’élever,
De se mettre sur la pointe des pieds
Jusqu’à la hauteur de leurs sentiments,
Pour ne pas les blesser.

Janusz KORCZAK (extrait de « Chaque enfant est un poème », editions Rue Du Monde)

La poésie sauvera le monde

Dans l’essai de Jean-Pierre SIMEON, paru en mai 2015 aux Editions Le Passeur, on peut lire :

« Vivre en poète sur la terre, ce serait simplement cela : lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l’exil pour habiter la vie entière et lui demeurer fidèle jusqu’à la mort. Nous n’avons qu’une alternative : vivre chez Circé, en hommes-porcs, une vie morte, ou reprendre le grand large, êtres du désir invincible, aimantés par l’ouvert et amants du plein vent. Vivre en poète et trouver le sens imprévu ou perdre bientôt notre humanité. »